Pensées

Avant j’étais dépensière: télé, coming-out et désencombrement

Préparez-vous une tasse (que dis-je? une chope!) de thé, quelques biscuits et asseyez-vous, cela risque d’être plus long que d’habitude (mais fort, fort intéressant)… et surtout très personnel.

On parle de quoi?

Il y a quelque temps je reçois un message privé sur la page fb de la gazelle qui me propose un passage sur un plateau télé dans une émission animée par Faustine Bollaert (#cca). Cette adorable personne (appelons-là Alice parce que c’est ainsi qu’elle s’appelle) est tombée sur mon petit blog bien modeste et fut intéressée par ce que j’y raconte et notamment comment je réduis ma consommation et lutte contre toute envie de shopping. Elle préparait une émission sur le thème des acheteurs compulsifs; l’objectif était de comprendre les symptômes, les causes et les conséquences qu’un tel comportement peut avoir sur la vie personnelle, professionnelle et familiale.

Quand j’ai découvert ce message, 2 types d’excitation m’ont envahi: la petite fierté que mon blabla sur le blog ait pu interpeller une journaliste… et l’autre un peu moins positive qui était de me dire « meuuuuh, non je ne peux pas parler de çà …. personne (mis à part mes parents) n’est au courant! »

J’échange donc avec cette si douce et si bienveillante jeune femme et je me dis… why not? Si je peux aider. Après tout, c’est aussi une des raisons pour lesquelles je tiens ce blog: partager, échanger, découvrir et peut-être aider, voir inspirer. Si je n’aidais qu’une seule personne, j’aurais déjà accompli quelque chose de beau.

Je vous parle souvent de désencombrement, de réduction des achats. J’ai tenté dans le cadre notamment des minsgame d’analyser comment et pourquoi j’avais pu acheter, posséder tel ou tel objet.

Mais ce que je n’ai pas dit c’est que j’étais une énorme acheteuse. J’achetais pour acheter, pas pour posséder. Je me suis toujours défait assez aisément des choses que j’avais. J’achetais beaucoup pour moi, mais aussi pour mon chéri (quand j’en avais un), pour mon fils, mes parents, mes sœurs…. Il était d’ailleurs inconcevable pour moi de sortir et de ne pas rentrer avec un achat. Si je sortais et que je rentrais sans rien, je me sentais réellement frustrée. Je me disais « à quoi bon sortir? autant rester chez soi! »

 

Quand est-ce que j’achetais? Pourquoi?

Certain-e-s vous diront qu’ils – elles ressentent le besoin d’acheter quand ils- elles ont une contrariété, passé une mauvais journée, pour se consoler ou alors pour se récompenser de telles tâches accomplies.

Dans mon cas, et avec beaucoup de recul (et de travail) aujourd’hui, je peux vous dire que j’achetais pour combler mon insatisfaction chronique. Je n’étais jamais contente, rarement dans la gratitude, encore moins dans la bienveillance à mon égard… toujours à voir mes imperfections, mes failles, ce qui devait être amélioré etc… par exemple, je ne me trouvais pas jolie en comparaison des copines, eh bien j’achetais du maquillage signé. Elles avaient le chéri que je n’avais pas, j’avais la robe et le bon goût qui va avec…. Mais je ne me rendais pas compte de tout ceci. Et je continuais à acheter, désirer, convoiter, sans que pour autant je ne me sente mieux. (attention, je n’étais pas non plus malheureuse!).

Conséquences

Vous imaginez bien que dans ces circonstances, mes rapports avec mes différents conseillers bancaires étaient un peu tendus. Pour résumer, arriva ce qui devait arriver: l’interdit bancaire. Si!!!!! 5 ans, ma pôv Lucette!

L’interdit bancaire ne se résume pas à ne plus avoir de chéquier. Cela veut dire que votre banque a fait rejets sur rejets, que vous avez cumulé des dettes,, qu’elle vous a laissé creuser votre tombe, découvert…. et qu’il faut tout payer maintenant …. avec les agios, les frais, les intérêts, etc.… J’ai également du me réinstaller, avec mon fils, chez mes parents. Je ne pouvais clairement plus faire face (love my parents!!!)

Ce n’était pas toujours très marrant et vous imaginez que j’ai parfois essayé d’aller au-delà de mes capacités de dépense. La réalité se rappelait vite à moi avec une carte bancaire qui ne te donne pas 20 € quand il t’en reste 19,95 sur le compte, avec une autorisation de découvert réduite à … 0, et avec un coup de fil rarement aimable de celui avec qui tu as négocié un étalement de tes remboursements et qui a vu son prélèvement rejeté.

Je suis de nature positive… en tout cas je le suis devenue. Je confirme l’adage qui dit que parfois il y a un bien dans ce que vous pensez être une épreuve.

J’ai appris… j’ai surtout dû apprendre à gérer mes angoisses autrement qu’en dégainant la cb.

Pour des raisons professionnelles, je devais déménager : une partie de mes affaires devait aller en garde-meubles et je ne devais emporter que ce dont je pensais avoir besoin. Alors que je faisais mes cartons, et que je pensais avoir fini de ramasser tous mes vêtements, je me suis rendue compte qu’il y en avait encore.

Et cela a été la même chose pour la vaisselle, le blanc, les produits de beauté !!! J’ai vraiment été prise de nausée ! Écœurement total. Je réalisais enfin tout ce que je possédais, mais aussi tout ce que je n’utilisais pas. Je n’avais pas conscience de tout ceci ; j’ai toujours été une pro et une maniaque du rangement. Cet épisode a été ma première prise de conscience.

J’ai alors décidé de refréner mes achats.

Et puis quelque temps plus tard je traverse une épreuve ; et c’était reparti pour ce besoin d’achats à assouvir. Comme je dis, j’avais du dissolvant pour 5 pendant 2 ans, des bb crèmes et des couettes à ne pas savoir qui mettre dedans.

Un jour, alors que je vais m’offrir une énième montre, je réalise, pendant que je tape mon code que je n’éprouve aucun plaisir, aucun soulagement… Je ne suis pas encore sortie de la boutique que je regrette déjà mon achat. Ce moment, si insignifiant en apparence, a été le déclic. (Pour l’anecdote, c’est cette montre que je porte depuis lors ! )

Re-déménagement ; je récupère une partie de mes affaires en garde-meubles et j’emménage. Je réalise que nombre de mes possessions emportées avec moi ne m’ont pas vraiment servie et que celles entreposées en garde-meubles ne m’ont pas manqué.

A ce moment-là, épreuve ou pas, je ne pouvais pas continuer à chercher mon bien-être dans des achats, des possessions qui ne me rendaient finalement pas heureuse.

Et maintenant?

Aujourd’hui, je suis systématiquement contente quand je rentre…. Sans rien ! ou alors lorsque je remplis mon panier virtuel et que….je me déconnecte. L’envie me passe bien souvent.

Enfin pour finir et revenir à l’émission dont je vous parlais au début, il s’agit de l’émission « ça commence aujourd’hui » (que je n’ai jamais regardé….). Je sais maintenant à quoi ressemblent les coulisses d’une émission, qu’on oublie vraiment être sur un plateau télé au bout d’un moment, que tout est fait pour vous mettre à l’aise et que Faustine est bien plus jolie en vrai qu’à la télé et qu’elle est surtout très pro. C’est une expérience très sympathique à vivre, à tenter… donc Alice si tu passes par là, je suis prête à recommencer quand tu veux, hihihi !

Je réalise qu’il y a tellement à dire sur ce sujet que cela vaudrait bien d’autres articles. Je pense développer un article sur mes trucs et astuces pour résister, notamment. Cela dit, si certain-e-s d’entre vous ont des interrogations, des questions, n’hésitez pas, je développerai tout autre thème avec plaisir. Vous voulez simplement partager votre expérience, vos ressentis, vos avis, je serais très heureuse de vous lire et d’échanger avec chacun-e. Vous pouvez le faire ici mais également de manière plus personnelle si vous le souhaitez ; je sais combien ce sujet peut être délicat et que parfois on en éprouve une sorte de honte (1001greengazelle@gmail.com)

Je vais paraître réductrice pour certaines mais dites-vous bien qu’on parle de compulsivité, d’addiction et qu’il est possible de s’en détacher (sans tomber dans autre chose) et d’être simplement … BIEN.Croyez-moi, si j’y suis arrivée, vous le pouvez très certainement.

ps: l’émission est passée aujourd’hui.

 

 

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10 réflexions au sujet de « Avant j’étais dépensière: télé, coming-out et désencombrement »

  1. Merci pour cet article !
    Comme toi, j’essayais de calmer une frustration en achetant souvent. Résultat, depuis quelques années, je désencombre mes affaires (je ne touche pas à celles de mon amoureux) et j’essaye d’acheter des choses de meilleures qualités ou d’occasion.
    Ce n’est pas un chemin facile mais il me convient : je suis enfin en accord avec moi-même et je ne suis pas juste ce que la société veut que je sois.

    À bientôt,
    Little No, ex-surconsommatrice.
    http://touchesdenvie.wordpress.com

    Aimé par 1 personne

    1. Tu soulèves pas mal de choses: le fait d’avoir besoin de combler une frustration, de se conformer à ce que la société attend de nous (ou du moins ce que l’on pense qu’elle attend de nous) et le changement de son mode de consommation pour des choses plus belles, plus durables, moins polluantes…
      Une des choses positives que j’ai gagné c’est effectivement de ne plus être dans l’achat qui comble sur l’instant mais qui est souvent de qualité moyenne. Aujourd’hui, je sais attendre, économiser pour acquérir des pièces qui sont plus belles, que j’ai plaisir à voir, porter, utiliser et qui ne me gavent pas au bout de 10 jours.
      Après tout, nous méritons du beau 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Merci pour cet article. Je ne crois pas être concernée par les achats compulsifs, par contre une de mes filles l’est…bon à 12 ans son pouvoir d’achat est limité, mais quand même, je la retrouve bien dans ta première partie. J’espère qu’elle aura le déclic avant d’être indépendante! Et j’attends très trucs et astuces.

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  3. J’ai mis beaucoup de temps à le rédiger, ne sachant pas quoi y mettre, ce qui intéresserait et qui pourrait, avant tout, déculpabiliser. On culpabilise beaucoup d’être si inconsidéré.
    Concernant ta fille, peut-être que ce n’est rien, peut-être qu’elle comble déjà… mais à 12 ans. Je suis certaine que tu es une maman qui échange et que tu sauras trouver les mots pour la rassurer.
    Merci pour tes encouragements.

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  4. Merci pour cet article! J’avais tendance jusqu’à l’année dernière à acheter dès que je me sentais mal ou avais passé une mauvais journée, comme pour me remonter le moral, jusqu’au petit déclic qui est arrivé!
    Belle soirée

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